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Formation professionnelle

16 février 2021

S’évaluer… c’est la meilleure façon d’apprendre !

« Passer un test n’est pas juste un moyen passif d’évaluer ce qu’une personne connaît, selon des recherches récentes. Un test contribue à l’apprentissage, bien mieux que d’autres techniques et outils. ». C’est ainsi que commençait un article du New-York Times, rendant compte des travaux de Karpicke & Blunt, publiés dans le magazine Science.

L’expérience est très simple. Des étudiants ont 5 minutes pour lire un petit article scientifique. Ils sont ensuite répartis en 4 groupes : le groupe A ne fait rien de plus, le groupe B dispose de 15 minutes supplémentaires pour étudier l’article, le groupe C doit modéliser la connaissance en “concept-mapping”, enfin le groupe D doit tenter de restituer ses apprentissages, puis se corriger, puis restituer à nouveau. Une semaine plus tard, les étudiants reviennent pour une évaluation de connaissances. L’étude montre que les techniques actives (concept-mapping et restitution-test) sont bien meilleures que les techniques passives, avec un avantage très marqué (+50%) au groupe ayant pratiqué la restitution et le test instantané de connaissances.

L’évaluation de connaissances tient une place essentielle dans les dispositifs de formation : à des fins de positionnement, pour diagnostiquer et cibler les besoins de formation, à des fins sommatives pour valider un cycle de formation ou certificatives pour attester des acquisitions.

Cependant la force de l’évaluation en tant qu’outil d’enseignement est encore méconnue. L’étude citée plus haut, comme de nombreuses autres, établit que les acquisitions s’ancrent bien plus efficacement si elles ne sont pas juste reçues passivement, que ce soit par lecture, écoute, visionnage, mais sont surtout activées, sollicitées, stimulées, particulièrement par le test.

Pour beaucoup, “essayer de retenir” est un exercice auquel n’est pas associée une démarche précise, et le seul procédé pratiqué par une majorité d’apprenants consiste à “bien lire”, “bien écouter”, s’efforcer d’être concentré. Avec des résultats souvent décevants.

À l’inverse, lorsque l’apprenant doit répondre à une question, il est pris par la main, il ne se demande pas ce qu’il devrait faire pour mieux retenir, il réfléchit à la question posée, mobilise ses savoirs, élabore des hypothèses, il travaille. Que sa réponse soit correcte ou non, le procédé aura fonctionné : son esprit est en attente. Déçu de son erreur, il corrige immédiatement sa représentation. Satisfait de son succès, il consolide sa connaissance. Ce travail, réitéré de question en question, est le gage d’un apprentissage efficace, solide, et surtout, durable. Paradoxalement, il demande moins d’effort que l’exercice un peu vague de “se concentrer”.

On le sait, l’apprenant doit être engagé, actif, mobilisé, et l’un des meilleurs outils de cet engagement est le test, immédiat, répété et adaptatif. “L’esprit n’est pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume”, et en l’occurrence, se tester c’est jouer utilement avec le feu.

Cette évaluation formative requiert des outils et des conditions de passage spécifiques. En premier lieu, il faut impérativement présenter, après chaque question, une explication précise, accompagnée parfois d’un rappel de cours. L’apprenant se motive en visualisant sa progression, en matérialisant ses acquis, il prend goût au jeu.

L’évaluation doit pouvoir être répétée à loisir, avec une sélection de questions différentes, qui dépendront des réponses passées, de l’analyse des domaines maîtrisés et des domaines à travailler. C’est l’objet de l’adaptive-learning, qui est essentiel pour l’efficacité de cet apprentissage. À l’issue de chaque test, une analyse multi-axes des acquis permet un diagnostic précis, à partir duquel les ressources pédagogiques les plus adaptées seront proposées, pour un chemin d’apprentissage optimal.

Patrice Bertrand
DIRECTEUR ASSOCIÉ
EXPERQUIZ

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