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Formation professionnelle

16 février 2021

Les Français s’emparent de leur droit à la formation professionnelle (Baromètre Centre Inffo-CSA)

Près d’un actif sur deux projette de suivre une formation dans les douze mois à venir. Un sur cinq est déjà en train de préparer une reconversion. Le Baromètre réalisé pour Centre Inffo par l’institut CSA confirme l’intérêt des Français pour la formation professionnelle en cette période de crise et de remise en question. Mais le manque d’information sur le sujet reste palpable.

Par  – Le 11 février 2021.

Conscients de l’accélération des mutations et en quête d’une meilleure adéquation entre leurs aspirations personnelles et leur vie professionnelle, les actifs français se sentent plus que jamais responsables de l’évolution de leurs compétences. C’est ce que révèle l’édition 2021 du Baromètre de la formation et de l’emploi réalisé par Centre Inffo en partenariat avec l’institut CSA .

La crise et les incertitudes qu’elle engendre marquent les esprits. Même s’il reste élevé, « le taux de personnes se disant confiantes quant à leur avenir professionnel a baissé en un an (68% contre 75% avant la crise sanitaire). Dans le même temps, il y a une prise de conscience plus forte des enjeux de transformation des métiers et des compétences : 42% des personnes interrogées disent que leur métier évolue très vite – c’est 9 points de plus qu’en 2020 », observe Julie Gaillot, directrice du pôle Society au sein de l’institut CSA. Ces mutations auront un impact sur les carrières. Près d’un actif sur deux envisage à plus ou moins long terme de changer d’emploi, dont 33% dans les deux ans à venir.

Un regard positif sur la formation

« Dans cette période de fortes turbulences, la formation professionnelle apparaît comme une clé pour parer à l’incertitude », observe Julie Gaillot. De fait, le regard des actifs sur le sujet évolue. Ils sont plus nombreux, par exemple, à considérer que se former est « une nécessité pour conserver son employabilité » (88%, + 4 points). Et la part des personnes jugeant la formation « inutile » a chuté de 9 points (27%). Autre évolution marquante : « Les actifs prennent conscience que chacun est responsable de son parcours de formation », souligne Julie Gaillot. Seulement 22% (- 14 points en un an) estiment que ce sujet relève des pouvoirs publics, des branches professionnelles ou de leur employeur.

Passage à l’action

Cette appétence pour la formation se concrétise dans les démarches entreprises. « Les actifs ont aujourd’hui les clés pour se saisir de leur droit à la formation et passer à l’action », souligne Julie Gaillot. Près d’un sur deux projette de suivre une formation dans les douze mois à venir. Et 62% ont déjà une idée précise de la formation qu’ils vont suivre. Langues étrangères, informatique, management, médical et paramédical ou encore restauration font partie des domaines les plus prisés, que ce soit pour évoluer dans son métier ou changer de cap. Une perspective qui séduit de nombreuses personnes : un actif sur cinq dit être d’ores et déjà engagé dans un projet de reconversion et 27% envisagent de franchir le pas. « Les craintes et les réflexions suscitées par la crise sanitaire ont eu un effet déclencheur. De nombreuses personnes interrogées font part de leur volonté de se consacrer à un métier plus proche de leurs valeurs et ou de leurs passions. Les questions de sens, d’utilité ou de disponibilité vis-à-vis de leurs proches sont souvent au cœur de leur motivation », commente Julie Gaillot. Pour mener à bien leur projet, 62% ont choisi de se faire accompagner et s’avèrent en grande majorité (71%) satisfaits de la prestation. Parmi ceux qui se lancent en solo, 57% souhaiteraient être conseillés dans leur démarche mais ne savent pas toujours vers qui se tourner.

Effort de pédagogie

Si les principaux outils à la main des actifs sont aujourd’hui bien identifiés, d’autres manquent encore de notoriété. Ainsi, 85% des répondants connaissent le compte personnel de formation et 42% le montant de leurs droits (+17 points en un an). En revanche, quatre actifs sur dix seulement ont entendu parler du conseil en évolution professionnelle (CEP). De manière générale, la complexité du système de formation constitue encore un frein. Plus de la moitié des répondants (55%) se sentent mal informés. Modalités de financement, possibilités de se faire accompagner, métiers porteurs, lieux d’information et d’orientation… : autant de sujets sur lesquels les actifs attendent des éclairages. Dans cette période de fortes mutations, un des enjeux de l’écosystème de la formation sera, selon Julie Gaillot, « de nourrir les projets de formation en apportant une information claire et adaptée afin de faciliter l’orientation et la prise de décision ».

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